Vers les années 1950 - 1951
Faire l'historicité du Gamou de Nguith, nous amène à s'interroger sur le pourquoi et sur les précurseurs de cet événement ?
Or ce grand événement s’organisait dans la maison de ce dernier et vu l’ampleur qu’il commençait à prendre, par le fait que tous les villages environnants (Ngayène, Doundoji…) vaquaient toutes leurs occupations pour venir assister à cet événement religieux, ce dernier fut affecté à la mosquée sous la demande et l’accord des notables du village. Rappelons juste qu'avant le Gamou, Baye Gadji et son Jammiya Ansar (Amadou Madjiguéne Coundoul, Fall Coundoul, Diangane Mangane, Moussa Khoudia....) et Mouhadjirine (Abdou Rokhy, Dame Gadji, Gora Niang Coundoul...) avaient l'habitude de faire le tour du Djoloff pour assister aux différents évènements religieux, organisés par des moukhadams (Mbeulekhé, Dokhoba, Doundoudji..) qui ne sont pas de la fayda tidianiya. Ainsi après quatre années, issu d’une idée de Mame Ada Kadiata Coundoul, qui appela El Hadji Momar Rokhy Gadji, Tafsir Abdou Rahmane Mangane et El Hadji Samba Bineta Coundoul en leur proposant d’organiser le gamou (tidjane) et leur garantissant un bœuf pour tout le village (cet acte est jusqu’à présent perpétué par la descendance de Mame Ada Kadjata).
El Hadji Ibrahima NIASS magnifia et accepta la demande et leur gratifie de diriger la première édition le 3 novembre 1959 avant de le confier à un de ses talibés, son ami et fidèle compagnon Mame Omar Faty Diallo. Ainsi vit le jour du premier gamou de Nguith (Guént-ba).
Mame Omar Faty Diallo assura le Gamou en compagnie de Mame Babacar Thiam, Mame Aly Ndiaye, Mame Demba Thiam qui assurèrent la psalmodie. Infirme des yeux, Mame Omar éblouissait tous les grands serignes du Djoloff dont le grand savant El Hadji Socé Ndiaye de Dokhoba de par son verbe et de par sa façon d'exégèse les écrits saints et la vie et l'œuvre du Prophéte Mouhamed (PSL).
Au même moment, il recommanda à Baye Gadji l'envoie d'un de ses fils à Medina Baye pour des études arabo-coraniques. D'ailleurs, c'est ce qui explique la présence de Serigne Dame Gadji chez Seydi Aliou Cissé qui assurera sa formation de base avant son atterrissage au Caire.
Cela demeura et continua pendant plusieurs années jusqu’à ce que Mame Omar trouva Serigne Dame Gadji comme celui qui doit porter le flambeau après ses études à Médina Baye et au Caire.
Mame Omar de son rapport fidèle avec le Djoloff tient la mission jusqu'aux années 1989-1990 où il décida de rendre le tablier à Serigne Ahed Dame après plusieurs décennies sous le regard triste de ses admirateurs.
C'est ainsi que Serigne Dame prend la relève au grand bonheur de son père, de El Hadji Mamadou Rokhy Gadji, bref, de tout Nguith.
Depuis lors, le Gamou se poursuit sous la conduite d'Ansaroudine (président successivement : El Hadji Dame Mbao Coundoul, El Hadji Djiby Guissé, El Hadji Amadou Ndiaye).
A sa tête aujourd'hui Mademba Tall qui a apporté une touche avec la participation de tous les fils du village, rehaussant ainsi l'évènement.